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Marie Sellier
Présidente de la SGDL

Bienvenue pour ce 10e Forum de la SGDL organisé grâce à la Sofia, qui sera retransmis en direct sur la sgdl.tv des auteurs et portera sur le thème de la rémunération des auteurs.

Je tiens à saluer nos amis qui viennent de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie et de Grande-Bretagne pour débattre avec nous et éclairer les questions qui vont nous occuper durant ces deux jours. Nous allons aborder un territoire que l’on évite d’ordinaire pudiquement. Ce n’est d’ailleurs pas le propre de l’édition. en France, la discrétion est de mise, on n’expose pas sa feuille de paye, ce que l’on gagne reste dans la sphère de l’intime. Mais dans l’édition on se situe un cran au-dessus – d’ailleurs l’auteur n’a pas de feuille de paye, dans le meilleur des cas, il est payé une fois par an et encore pas toujours – le sujet est tabou et « rémunération » est presque un gros mot. Car enfin, nous sommes bien au-dessus de cela ! Les livres sont des oeuvres de l’esprit et tout le monde sait que s’il fallait comptabiliser le temps que nous passons à les concevoir, à les écrire, à les réécrire, à les peaufiner, à les corriger, même à un taux horaire lilliputien, il n’y aurait pas de livres. De là à avoir un autre métier pour exercer ce drôle de métier il n’y a qu’un pas ; c’est une danseuse qui parfois nous coûte cher.

Mais le livre est aussi un produit qui, s’il a généré des coûts de fabrication, se vend et génère de la valeur, qui doit être partagée ; et dans ce processuslà, l’auteur, qui est le premier de la chaîne du livre, n’est pas le mieux servi, je dirais même qu’il est le plus mal servi et en tout cas le dernier. On nous cantonne à notre création, on nous célèbre pour cela, nous incarnons le rêve et la liberté, nous faisons envie, mais on a vite fait de gommer notre dimension économique ; or l’argent est le nerf de la guerre, le nerf de nos petites guerres quotidiennes.

Le mois dernier, de passage à Vincennes, dans le cadre du Festival America, la romancière canadienne Margaret Atwood se demandait malicieusement au micro de Laure Adler si Emma Bovary se serait suicidée si elle avait eu moins de dettes, et elle proposait une lecture différente de ce roman-là, Marie Sellier Présidente de la SGDL ainsi que d’Anna Karenine d’ailleurs, non plus sous l’angle des sentiments et des moeurs, mais sous celui des finances et de la dure réalité économique. Durant ces deux jours, nous parlerons donc de l’auteur dans sa globalité, et pour une fois pas tronçonné, d’un côté l’esprit de l’autre les abattis. L’auteur sous toutes ses facettes, des plus prosaïques aux plus nobles – vous l’avez compris, je milite pour l’unicité de la personne. C’est cet auteur-là qui va être le fil rouge de nos entretiens et de nos tables rondes. De quoi alimenter, je l’espère, notre réflexion. Il est temps de rentrer dans le vif du sujet : que vaut un auteur ?

Je cède la parole à Claro.

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