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LES PRINCIPAUX CHIFFRES

Le secteur du livre est la première industrie culturelle en France 1. Le marché du livre représente près de 4,5 milliards d’euros. À titre de comparaison, le marché de la musique enregistrée est estimé à moins de 1 milliard d’euros et celui du cinéma (billetterie et ventes de DVD) à près de 2 milliards d’euros.

Le secteur du livre totalise, au sens large (édition, diffusion, distribution, commerce de détail et bibliothèques), plus de 80 000 emplois.
En 2015, 437 millions d’exemplaires (livres imprimés et livres numériques) ont été vendus. Les ventes moyennes par titre représentent 4 090 exemplaires. Cette moyenne, en constante diminution (-28 % sur les 5 dernières années), masque par ailleurs de fortes disparités entre les secteurs (de 900 exemplaires en moyenne pour les sciences humaines et sociales à  7 100 pour la bande dessinée ; la fiction jeunesse et la littérature se situant respectivement à 5 900 et 5 300 exemplaires vendus en moyenne).

Le secteur du livre est une industrie de nouveautés, dont l’économie se base sur une logique de péréquation entre succès et moindres réussites. Cette démarche favorable à la création littéraire incite les éditeurs de livres à multiplier les nouveautés pour augmenter leurs chances de succès. L’équilibre nécessaire entre diversité et surproduction devient de fait de plus en plus fragile.
Ainsi, en 2015, près de 70 000 nouveaux titres ont été commercialisés en France, soit environ 200 nouveautés par jour ! Le tirage moyen, toutes catégories confondues, s’établissait en 2015 à 5 000 exemplaires par titre. Alors que le nombre de nouveaux titres publiés augmentait de 15 % sur les cinq dernières années (+40 % sur les 15 dernières années !), le tirage moyen de ces nouveautés diminuait de 35 % sur la même période.
Le nombre total de titres disponibles à la vente en 2015 était de 730 000. Finalement assez proche, le nombre de titres vendus à au moins un exemplaire était de 715 000.

L’évolution des principaux secteurs éditoriaux est très contrastée sur les cinq dernières années.

    La littérature générale, qui représente 24 % des ventes en 2015, est en diminution relative (-7 %) malgré une augmentation importante du nombre de titres (+27 %).
    La jeunesse, qui représente désormais 14 % du chiffre d’affaires de l’édition, est aussi en diminution relative sur la période récente (-6 %), pour une hausse du nombre de titres (+10 %).
    Le secteur de la bande dessinée (10 % du marché) a connu une nouvelle hausse importante du nombre de titres (+35 %), pour un chiffre d’affaires également en augmentation (+13 %).
   Les sciences humaines et sociales (10 % du marché) ont connu la hausse la plus importante (+19 %), au prix toutefois d’une augmentation considérable du nombre de titres (+85 %) et d’une chute des ventes moyennes par titre (-38 %).
    Le secteur des ouvrages scientifiques, techniques et médicaux a connu une baisse importante en chiffre d’affaires (-21 %) et encore plus en nombre d’exemplaires vendus par titre (-52 %).
•    Le secteur des dictionnaires et encyclopédies continue de chuter (-39 % en termes de ventes).
    Le secteur scolaire a également connu une baisse importante de son chiffre d’affaires (-21 %).
    Le secteur arts et beaux livres est relativement stable mais ne représente plus que 3 % du marché.

Le livre au format de poche représente désormais, toutes catégories éditoriales confondues, 19 % de la production en titres et 24 % du nombre d’exemplaires vendus, mais, compte tenu de son prix de vente, seulement 14 % du chiffre d’affaires.
Le nombre de traductions en 2015 s’établissait à près de 12 000, soit 18 % de la production de titres commercialisés. Parmi les langues les plus traduites, l’anglais/américain est très largement en tête avec 58 % des titres traduits. Suivent le japonais (12 %), l’allemand (6 %), l’italien (4 %), l’espagnol (3 %), etc.
Si la concentration des ventes est réelle dans le secteur du livre, elle paraît moins importante que dans d’autres secteurs des industries culturelles. Ainsi, les 10 titres les plus vendus de 2015 n’ont constitué que 2,5 % du chiffre d’affaires total, les 1 000 titres les plus vendus n’en représentant que 20 %. Le total des 10 000 titres les plus vendus représentait 45 % du chiffre d’affaires.

LES AUTEURS

Le métier d’auteur recouvre des situations extrêmement diverses, tant du point de vue du montant des revenus tirés de l’activité d’écriture que de la part que ces derniers représentent sur l’ensemble des revenus d’un auteur. Par ailleurs, le temps qui y est consacré et le caractère occasionnel ou régulier sont propres à chacun.

Les études menées en 2015 ont permis, pour la première fois, de préciser la cartographie des auteurs de livres en France.

On estime donc à un peu plus de 100 000 le nombre d’auteurs de livres. Pour autant, seuls 5 000 d’entre eux sont affiliés à l’AGESSA, c’est-à-dire qu’ils ont perçu des revenus supérieurs au seuil d’affiliation de l’AGESSA et ont effectué une démarche d’affiliation auprès de cet organisme. Il est toutefois estimé à 7 000 le nombre d’auteurs qui, bien qu’ayant perçu des revenus supérieurs au seuil d’affiliation, n’ont pas fait la démarche d’affiliation.

Les auteurs de textes (hors traducteurs, illustrateurs et dessinateurs  selon la terminologie de l’enquête) représentent 85 % de l’ensemble des  auteurs. Sur la population des affiliés, la répartition est très différente : les auteurs de textes représentent 40 %, les traducteurs 24 %, les illustrateurs 17 %, les dessinateurs de bandes dessinées 14 %. Sur l’ensemble de la population des auteurs, c’est le secteur de la non-fiction qui prédomine (60 %) ; chez les seuls auteurs affiliés, c’est au contraire la fiction (70 %).

À la question récurrente de savoir combien d’auteurs peuvent vivre de leur activité, les résultats de ces études montrent qu’un peu plus de  8 000 auteurs de livres ont perçu, en 2013, des revenus d’auteur supérieurs au SMIC (13 445 €), dont près de 3 000 des revenus supérieurs à 2 fois le SMIC (26 890 €) et parmi eux 1 600 auteurs des revenus supé-rieurs à 3 fois le SMIC (40 335 €). Autrement dit, 90 % des auteurs perçoivent un revenu en droits d’auteur inférieur au SMIC (40 % chez les auteurs affiliés). Ce qui explique que les deux tiers des auteurs exercent une autre activité professionnelle (un tiers pour les affiliés).

S’agissant des droits d’auteur, le plus souvent compris entre 8 % et 10 % du prix public de vente hors taxes du livre, le Syndicat national de l’édition (SNE) indique, pour 2015, un montant total de droits versés de 443 M€, mais ce montant regroupe les droits versés aux auteurs et aux ayants droit, ainsi que les achats de droits sur des titres étrangers ou sur d’autres secteurs (iconographie, couvertures…). Rapporté au chiffre d’affaires du secteur du livre, ce montant confirme l’estimation selon laquelle un  auteur de livres perçoit en moyenne 1 € par exemplaire vendu !
Il ressort par ailleurs des résultats des études une baisse du revenu de l’ensemble des auteurs sur la période récente, particulièrement depuis 2007, et un effet générationnel important : les générations d’auteurs plus récentes ont de moindres perspectives de progression de leur revenu d’auteur que les générations antérieures.

LES ÉDITEURS

En 2015, le chiffre d’affaires des éditeurs a représenté 2,670 milliards d’euros, dont 2,540 milliards d’euros en ventes de livres (valorisées au prix de cession) et 130 millions d’euros de cessions de droits (traductions en langue étrangère – environ 12 000 titres –, format poche, adaptation audiovisuelle, etc.).

Le chiffre d’affaires réalisé à l’exportation était de 680 millions d’euros en 2015.

Le secteur de l’édition est particulièrement concentré. Les deux premiers groupes totalisent aujourd’hui environ 35 % des ventes de livres et les douze premiers éditeurs, près de 80 %.
On dénombre toutefois près de 3 000 structures éditoriales, dont 1 000 pour lesquelles l’édition constitue l’activité principale et 400 dont l’activité est véritablement significative sur le plan économique.

La diffusion
La diffusion du livre regroupe l’ensemble des opérations destinées à faire connaître les ouvrages auprès des libraires et, plus généralement, auprès de l’ensemble des revendeurs. Elle s’appuie sur une force de vente consti-tuée d’un ou de plusieurs représentants. La diffusion peut être réalisée en interne par l’éditeur ou sous-traitée à une structure commerciale travail-lant pour plusieurs éditeurs, les structures de diffusion les plus impor-tantes appartenant généralement à des groupes d’édition.

La distribution
La distribution du livre regroupe l’ensemble des tâches liées à la circulation physique des livres (stockage, transport...) et à la gestion des flux entre l’éditeur ou son diffuseur et le détaillant : traitement des com-mandes, facturation, recouvrement, traitement des retours...

L’activité de distribution est sans conteste la plus industrialisée de la chaîne du livre, ce qui explique d’ailleurs qu’elle soit également la plus concentrée, la plupart des structures de distribution appartenant aux grands groupes d’édition. On estime ainsi que dix distributeurs seulement assurent les flux physiques et financiers de 90 % de la production éditoriale totale.
Si la majeure partie des éditeurs délègue les opérations de diffusion et de distribution à des structures spécialisées dans ces activités, qui sont parfois leurs propres filiales, certains éditeurs, le plus souvent de taille modeste, choisissent – ou sont dans l’obligation, faute de trouver un prestataire – d’assurer eux-mêmes l’activité de diffusion, voire celle de distribution.

LES DÉTAILLANTS

Le nombre total de lieux de vente du livre se situe en France autour de 20 000 à 25 000. Sur ce total, 15 000 de ces points de vente ont une activité véritablement régulière de vente de livres et seuls 3 500 à 4 500 d’entre eux exercent cette activité à titre principal ou réalisent une part significative de leur chiffre d’affaires avec le livre.

Le premier niveau de vente (librairies importantes, grandes surfaces cultu-relles, grands magasins, etc.) représente aujourd’hui près de la moitié des achats de livres des particuliers.

Si la vente de livres par internet a effectivement augmenté ces dernières années, les librairies restent aujourd’hui, pour la grande majorité des  secteurs éditoriaux (littérature, jeunesse, sciences humaines, etc.), le premier lieu de vente de livres (22 %), à un niveau équivalent au poids des grandes surfaces culturelles spécialisées et à celui des grandes surfaces non spécialisées.

LES PRATIQUES D’ACHAT, DE LECTURE ET DE PRÊT

En 2015, 53 % des Français (de 15 ans et plus) ont acheté au moins un livre imprimé au cours de l’année. Les acheteurs occasionnels (1 à 4 livres par an) représentent 47 % des acheteurs de livres, les acheteurs moyens (5 à 11 livres par an) 27 %, et les gros acheteurs (12 livres et plus par an) 25 %. Cette dernière catégorie est en recul constant depuis plusieurs années. Un acheteur de livres sur 10 a acquis au moins un livre d’occasion en 2015.

En 2014, 69 % des Français de 15 ans et plus ont lu au moins un livre au cours de l’année (ils étaient 79 % en 2005). Sur cette même année, 32 % d’entre eux ont lu de 1 à 4 livres dans l’année, 41 % de 5 à 19 livres et 26 % 20 livres et plus.

En 2013, le nombre de livres prêtés en bibliothèques municipales était de 265 millions et de 11 millions en bibliothèques universitaires, statistiques en léger retrait par rapport à l’année précédente. Les achats de livres par les bibliothèques municipales représentent chaque année environ 8 millions de volumes (1 million en bibliothèques universitaires).

L’ÉDITION NUMÉRIQUE

Le chiffre d’affaires de l’édition numérique (hors abonnements et bases de données) s’élevait en 2015 à 65 millions d’euros, soit 2,4 % du chiffre d’affaires total de l’édition.

Ce chiffre d’affaires se répartit entre édition numérique physique (CD, DVD, etc.) pour 12 millions d’euros et édition numérique dématérialisée (téléchargement unitaire, flux, extraits, etc.) pour 53 millions d’euros. La littérature représente 42 % de ce nouveau marché, les sciences humaines et sociale 17 % et le pratique 14 %.

Le marché des abonnements et des bases de données représente quant à lui 99 millions d’euros (dont 90 % pour le seul secteur des sciences humaines et sociales).
En 2015, seuls 18% des Français avaient déjà lu un livre numérique  (6% seulement envisageaient de le faire) et ils n’étaient que 4% à en avoir acheté au moins un (contre 53% au moins un livre imprimé).

1. Sources : Chiffres-Clés du secteur du livre, 2016, ministère de la Culture et de la Communication et Repères statistiques France et international, 2015-2016, Syndicat national de l’édition.

 


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