Bienfaiteurs & Donateurs

La Société des Gens de Lettres, qui n’est plus société de perception et de répartition des droits, vit essentiellement sur son fonds associatif, qui s’est constitué lentement au cours de près de deux siècles d’existence. Notre reconnaissance va à ceux qui, par des dons ou des legs, ont voulu que les auteurs dans le besoin soient secourus en cas de difficulté passagère, conseillés lorsqu’ils rencontrent des problèmes juridiques, ou que des prix, des bourses d’écriture viennent couronner leur travail.

Les quelque cent trente-sept bienfaiteurs de la SGDL ont leur nom inscrit à l’accueil de l'Hôtel de Massa. Dans les premières années de son existence, la SGDL  a surtout compté sur des parrains prestigieux, parmi lesquels se détache la figure du Baron Taylor (1789-1879), artiste, savant et écrivain, bienfaiteur de nombreuses institutions. Ami de Victor Hugo et de Dumas, dont les œuvres audacieuses ont été représentées à la Comédie française, dont il était directeur, il a été un précieux soutien à la jeune Société des Gens de Lettres. 

Parmi les plus anciens donateurs on retrouve des mécènes éclairés, issus du monde politique ou diplomatique et amis des lettres : ainsi le khédive Ismail Pacha, le prince Bonaparte ou Raymond Poincaré. Une place particulière doit cependant être réservée à  Théophile Bader  (1864-1942), président et fondateur des Galeries Lafayette ( en 1893), grâce auquel la SGDL a emménagé en 1929 à l’hôtel de Massa. 

Depuis, ce sont surtout des écrivains, ou leurs ayants droit, qui  ont fait des donations ou des legs importants. Ainsi s’est constituée l’action sociale, qui  permet à la SGDL de disposer d’une assistante sociale consacrée aux écrivains et d’attribuer des aides d’urgence.
En premier lieu, Marie (1875-1947) et Frédéric (1876-1949) Petitjean de la Rosière, plus connus sous leur pseudonyme commun, Delly. Le colonel, infirme, et sa sœur, qui s'est dévouée à le soigner toute sa vie, n’ont guère quitté Versailles et se sont consacrés à l'écriture : plus de cent romans d'amour et d'aventures publiés en trente-cinq ans, entre 1908 et 1943. Ils ont légué leurs droits à la SGDL pour les écrivains malades et nécessiteux. Aujourd’hui encore, le fonds Delly est la principale source de l'aide sociale. Associons à leur mémoire Constantin Photiadès (1883-1949), qui permet d’aider jusqu’à leur majorité les enfants d’écrivains décédés, ainsi que le legs Montpezat, ou celui que l'on doit à la poétesse Jehanne Grandjean, qui fit découvrir à la France l’art du tanka, et Hisayoshi Nagashima, qui fonda avec elle, en 1953, la Revue du tanka international.

Certains donateurs enrichissent les collections culturelles de la Société des Gens de Lettres en lui offrant une collection d’autographes, un buste, un tableau… Maurice d’Hartoy et Serge Lippmann-Dumas ont ainsi donné une large collection de documents et de souvenirs d’Alexandre Dumas père et fils, qui sont aujourd’hui en dépôt au château de Monte-Cristo.

Beaucoup ont contribué à la fondation des prix de la SGDL. Henri Bachelin (1879-1941), romancier régionaliste, prix Fémina en 1918 pour Le serviteur, a fait un legs à titre universel à la SGDL le 30 juillet 1921. Les fonds ont servi à créer un prix annuel. Magdeleine Cluzel (1900-1977), grande voyageuse, célèbre pour des récits de voyage autour du monde; Thyde Monnier (1887-1967), romancière à grand succès, auteur des sept volumes des Desmichels ; André Dubreuil (1929-2009), ont attaché leurs noms à plusieurs prix importants qui sont toujours remis. D’autres ont souhaité encourager la création par des bourses d’écriture, tel l'écrivain surréaliste Sarane Alexandrian (1927-2009) ou la poétesse Gina Chenouard (1924-2010). La bourse Alexandrian couronne depuis deux ans une œuvre d’avant-garde et la bourse Chenouard, une œuvre poétique en cours d’écriture.

D’autres enfin ont souhaité soutenir l’action générale de la Société des Gens de Lettres sans affecter leurs legs, conscients de l’important travail juridique ou culturel qui ne passe pas nécessairement par l’attribution de prix ou d’aides sociales. Ainsi Jack Thieuloy, inventeur du vitalisme, qu'il définit comme « une vision du monde tendant à montrer que toutes les activités de l'homme et des sociétés sont le combat de l'instinct de conservation contre la mort et ses masques ». Écrivain engagé et grand voyageur, il a connu un succès immédiat avec L'Inde des grands chemins (1971) : ses romans et ses récits ont marqué les années 1980-1990 .

C’est grâce à ces bienfaiteurs et donateurs que la Société des Gens de Lettres peut poursuivre son action en toute indépendance, puisqu’elle finance ses activités sur ses fonds propres. Son rôle de médiation auprès des pouvoirs publics et des différentes instances professionnelles dans la chaîne du livre suppose une liberté de parole absolue que lui garantissent ses fonds propres. C’est pour cela qu’elle parle et agit avec pour unique souci la défense des auteurs. Cet héritage du passé se perpétue grâce à la prévoyance de plusieurs auteurs, qui ont déjà organisé leur succession dans l’idée de participer, lorsqu’ils ne seront plus là, au fonctionnement de notre société. Ils contribuent ainsi à la pérennisation de la SGDL et lui permettent d’occuper une place prépondérante au sein de l’inter profession du livre. Grâce au statut d’association reconnue d’utilité publique, les héritages dont bénéficie la SGDL sont exonérés de droits de succession. Mais au-delà de cet apport financier indispensable, l’implication de tous signifie bien que la SGDL est faite par les auteurs et pour les auteurs.

 

 

 

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